Chevrolet Corvette C6 2005
Par Bruno Bouchard
Lorsque des passionnés d’automobile se rencontrent autour d’une table sur une terrasse afin de se rafraîchir et de pouvoir discuter de leur passion commune, c’est presque inévitable… le sujet de la meilleure voiture sport en terme de qualité/prix vient animer les discussions. La controverse tourne toujours autour du prix versus la performance. Et la Corvette est probablement le modèle qui suscitent les débats les plus vifs. Et bien, on a enfin eu la chance d’en faire l’essai et voyons si je peux mettre un terme à ce débat ou, au contraire, ajouter de l’huile sur le feu.
Puissance à revendre
Les propriétaires de Corvette ont souvent à subir les moqueries des gens et doivent endurer des jeux de mots plus ou moins douteux. Mais laissez-moi vous dire que toute personne qui se considère un amateur de voiture sport doit prendre cette Corvette très au sérieux. Sous le capot, on retrouve un V8 en aluminium d’une cylindrée de 6 litres développant pas moins de 400 chevaux. Et soyez assuré que ce ne sont pas des picouilles! Les accélérations sont brutales. Une fois le système de contrôle de la traction désactiver, il est facile de laisser des traces de caoutchouc si on ne fait pas trop attention. En fait, il n’est pas facile de réaliser un bon temps pour le 0-100 km/h car cela demande de la pratique. Une fois la puissance maîtrisée, nous avons réalisé un 4,85 secondes! Et oui, c’est un dixième plus rapide que la Porsche 911 Carrera essayée ce printemps. Une fois le 400m franchi, l’écart est toujours le même entre les deux véhicules. Nous avons réussi à enregistrer 13,2 secondes au chronomètre lors de cet exercice.
La puissance est telle que je recommande fortement aux non initiés et aux nouveaux propriétaires de bien faire attention car cette voiture possède un potentiel qui mène rapidement vers le désastre. Ce moteur est si puissant et le couple tellement élevé que le moteur envoie une puissance élevée peu importe le régime moteur. Chevrolet a opté pour une transmission manuelle à 6 rapports. Cela permet au pilote de toujours avoir un surplus de puissance sous le pied. Mais il faut être très discipliné en sorti de virage car toute cette puissance fera décrocher l’arrière sans avertissement. La patience est donc la clé pour avoir du succès avec cette voiture.
Pas pour les cardiaques
Pour ce qui est de la tenue de route, la C6 n’est pas la voiture idéale pour les personnes nerveuses car c’est le meilleur mot pour décrire son comportement routier. La suspension très rigide, les énormes pneus Goodyear et un châssis rigide communique très bien au pilote les sensations de la route. Bien que les pneus soient de grande dimension, ils font entendre rapidement au pilote que leur limite est atteinte. En fait, on annonce une répartition de poids 51% à l’avant et 49% à l’arrière mais dans les faits, la Corvette donne l’impression que le poids est beaucoup plus important à l’avant. Il va sans dire que cela se remarque dans les courbes. La voiture affiche un comportement sous-vireur et les pneus vous communiquent où se trouve la limite. La situation s’inverse dès qu’on appui sur l’accélérateur. La voiture devient alors brusquement sur-vireuse. Comme je le mentionnais plus tôt, il faut être alerte. Le potentiel de la voiture est là mais je vais résumer cette partie en disant qu’il faut travailler fort avant d’y arriver. |